Journée nationale de la qualité de l’air: Qu’en est-il de votre air intérieur ?

Beaucoup ne le savent pas mais l’air intérieur de nos logements et de nos bureaux est plus pollué que l’air extérieur, à la fois en nombre de polluants et en concentration de ces polluants. Quelle est l’origine de cette pollution? Quel est son impact sur notre santé? Qu’en est-il de votre habitation ?

Respirer un air sain est un droit fondamental. Malheureusement, dans la plupart des cas, l’air que nous respirons à l’intérieur des bâtiments est au mieux de qualité moyenne.

La contamination de notre environnement quotidien est liée à de nombreux facteurs comme l’isolation, les matériaux de construction, de rénovation et de décoration, le mobilier, les produits ménagers et les usages humains.

L’isolation

Depuis 20 ans maintenant, l’accent est mis sur les économies d’énergie dans les bâtiments. En particulier l’utilisation de matériaux isolants très performants et l’amélioration de l’étanchéité à l’air de l’enveloppe externe du bâtiment. Ce dernier point est particulièrement critique lorsque l’on s’intéresse à la qualité de l’air intérieur. L’augmentation de l’étanchéité produit une augmentation du confinement. Comme les sources de pollution émettent au cours de la journée, une bonne étanchéité à l’air induit une accumulation des polluants dans l’environnement intérieur.

Dans le cas des bâtiments performants en énergie, il est essentiel d’avoir un système de renouvellement de l’air comme des ventilations mécaniques contrôlées (VMC) qui permettent une entrée d’air neuf et une extraction de l’air intérieur contenant les polluants accumulés.

Le renouvellement de l’air intérieur est l’un des principaux axes d’amélioration de la qualité de l’air intérieur. Il est d’ailleurs recommandé de procéder à une aération par ouverture des fenêtres deux fois par jour pendant au moins 10 minutes.

Les matériaux de construction, de rénovation et de décoration

Depuis 2012, un étiquetage des matériaux de construction (isolants, panneaux, parquets …), de rénovation et de décoration (peinture, laque, vernis, colle …) concernant les émissions de composés organiques volatils (COV) dans l’air intérieur a été mis en place.  Cet étiquetage obligatoire indique si le matériau émet des quantités importantes de COV dans l’air intérieur. L’indice d’émission va de A+ pour un matériau peu émissif à C pour un matériau très émissif.

Il est recommandé d’utiliser les matériaux ayant un indice d’émission A+ ou A, garantissant qu’à partir de 28 jours après son installation, le matériau émet peu de COV. Attention cependant, car la multiplication des matériaux avec un indice A+ ne garantit pas un air intérieur de bonne qualité.

Le mobilier

Les meubles installés à l’intérieur des bâtiments constituent une source importante d’émission de polluants dans l’air intérieur et peuvent conduire à une qualité de l’air intérieur dégradée. En effet, de nombreux meubles modernes sont composés de bois aggloméré fabriqué avec des quantités importantes de colle urée-formol, c’est-à-dire du formaldéhyde. Cette substance chimique classée comme cancérigène avéré (Groupe 1 de l’OMS) est présente dans le mobilier et se diffuse dans l’air intérieur pendant plusieurs années après la fabrication et son installation. Pour le mobilier, il est préférable d’opter pour du bois brut, si possible non traité.

Les produits ménagers

Utilisés pour le nettoyage des habitations et des bureaux, les produits ménagers industriels contiennent de nombreuses substances polluantes pour l’environnement intérieur.  La plupart des produits ménagers contiennent du formaldéhyde utilisé pour ses propriétés biocides. Par ailleurs, dans les produits ménagers sont également présents des parfums et des agents odorants comme des composés organiques volatils (COV): limonène (odeur d’agrume), alpha-pinène (odeur de pin), et des composés organiques semi-volatils (COSV): galaxolide, tonalide … L’application de produits ménagers n’est donc pas sans impact sur la qualité de l’air intérieur et il est fortement recommandé d’aérer son logement au minimum pendant la durée du ménage.

Les usages humains

L’utilisation de systèmes de chauffage par combustion (cheminée, poêle à bois …), tout comme le tabagisme sont susceptibles de contaminer l’environnement intérieur avec des résidus de combustion comme le formaldéhyde, le benzène, les composés aromatiques monocycliques (toluène, éthylbenzène, xylènes …) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). La combustion de bougies (parfumées ou non), de papier d’Arménie et d’encens produit également ces polluants.

La diffusion d’huiles essentielles dans l’environnement intérieur dégrade rapidement et de façon importante la qualité de l’air intérieur. En effet, elles contiennent une forte teneur en Composés Organiques Volatils (COV) qui contaminent l’air intérieur.

Faire la cuisine, faire sécher son linge ou se laver génère de la vapeur d’eau. Un taux d’humidité important (> 55-60%) peut favoriser l’apparition et de développement des moisissures. Dans l’environnement intérieur, les moisissures sont potentiellement allergisantes, pathogènes (aspergillose) et toxiques (mycotoxines).

Comment évaluer la qualité de l’air intérieur ?

La journée nationale de la qualité de l’air est l’occasion de s’informer sur les problèmes de pollution de l’air et de l’environnement intérieur.  Mesurer la qualité de l’air intérieur d’une maison, d’un appartement ou d’un bureau est aujourd’hui très simple et abordable. Kudzu Science oeuvre depuis plusieurs années pour rendre accessible au plus grand nombre des kits d’analyse pour mesurer avec précision la qualité de l’air intérieur. A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, le 20 septembre 2017, Kudzu Science proposera des offres sur les kits d’analyse de l’air intérieur.