Développement des moisissures dans l’habitat: Quels risques pour la santé ?

Un logement sur deux présente un problème d’humidité, conditions qui favorisent le développement des moisissures. Un environnement pollué par des agents biologiques peut présenter un risque pour la santé des occupants. Quelles sont les conditions d’un développement des moisissures dans l’environnement intérieur ? Quels sont les signes d’une contamination fongique ? Quels sont les risques sanitaires ? Quels sont les moyens pour évaluer cette contamination fongique ? Comment limiter le développement des moisissures dans les habitations ?

Les moisissures sont des champignons microscopiques, elles sont très fréquentes dans l’environnement et nécessitent des conditions spécifiques pour se développer.

Quelles sont les conditions ambiantes favorables au développement des moisissures ?

Pour se développer, les moisissures ont besoin d’humidité, de chaleur et de nourriture (substrat). Ainsi, des problèmes d’humidité sont généralement liés au développement des moisissures.

Les pièces les plus propices au développement de ces champignons sont généralement les pièces d’eau: salle de bain, cuisine, buanderie … L’utilisation d’eau chauffée dans ces pièces produit de la vapeur d’eau qui va condenser sur les surfaces « froides » et favoriser localement le développement des moisissures.

Pour l’humidité ambiante à l’intérieur des bâtiments, il est  recommandé d’avoir une taux d’humidité compris entre 40 et 60%. En effet, une valeur d’hygrométrie supérieure à 60% est favorable au développement des moisissures.

L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) a réalisé une campagne d’évaluation de la qualité de l’air intérieur dans les logements performants en énergie. Les conclusions de cette étude montrent que les moisissures constituent un problème majeur dans ces bâtiments. En effet, l’amélioration des performances énergétiques implique l’augmentation de l’isolation et du confinement du bâtiment. Sans un système d’aération adéquat et des débits de renouvellement de l’air intérieur satisfaisants, les problèmes d’humidité sont malheureusement trop fréquents.

Quels sont les effets sanitaires d’une exposition aux moisissures ?

Les moisissures présentent des risques sanitaires et certaines souches sont plus toxiques. Les moisissures produisent:

> des allergènes qui peuvent causer asthme, rhinite allergiques et pathologies respiratoires.

> des composés organiques volatils (COV), responsables de l’odeur de moisi. Ces molécules chimiques ne sont pas spécifiques d’une souche de moisissure et il n’est donc pas possible d’identifier une moisissure à partir des COV d’origine fongique. Les COV agissent comme facteur déclenchant et aggravant des pathologies respiratoires comme l’asthme.

> des mycotoxines présentant une toxicité très importante. Elles sont présentes dans le mycélium et les spores. Les principales mycotoxines sont l’aflatoxine (Aspergillus), l’ochratoxine (Penicillium et Aspergillus) et la patuline (Penicillium). Ces molécules chimiques sont toxiques pour le foie, le système nerveux et le système immunitaire. Elles présentent également des propriétés CMR (Cancérigène, Mutagène et Reprotoxique).

Les moisissures peuvent également être à l’origine de pathologies comme l’aspergillose, une maladie pulmonaire dont l’origine est l’exposition aux moisissures de souche Aspergillus. Les moisissures se développent dans les poumons.

Comment évaluer la contamination fongique de son habitation ou de son bureau ?

Une bonne indication de l’existence d’une contamination fongique est la présence d’une odeur de moisie. Cependant, comme toutes les souches de moisissures ne présentent pas le même risque sanitaire, il est important d’identifier la ou les moisissures présentes dans l’environnement intérieur.

Pour étudier la contamination fongique d’une habitation ou d’un bureau, deux cas de figure:

> Les moisissures sont visibles et il est possible d’effectuer un prélèvement de surface. Le prélèvement par scotch peut être effectué à l’aide d’un adhésif que l’on place ensuite sur une lame de microscopie. L’identification des moisissures est réalisée par microscopie optique mais il n’est pas possible de fournir d’indication quantitative. Il est également possible de réaliser un prélèvement à l’aide d’un écouvillon (coton tige). La partie en coton est frottée sur la surface moisie puis l’écouvillon est placé dans un flacon contenant un milieu biologique adapté pour le transport jusqu’au laboratoire.

> Les moisissures ne sont pas visibles. Dans ce cas, il est recommandé d’effectuer un prélèvement de poussière à l’aide d’un embout et d’un filtre placés sur le tuyau d’un aspirateur. Ce prélèvement de poussière contient les spores des différentes moisissures présentes dans la pièce. L’analyse de la poussière est réalisée sur des milieux de culture spécifiques. Cette analyse permet d’une part d’identifier l’ensemble des moisissures présentes dans la pièce analysée et d’autre part d’apporter une information quantitative exprimée en UFC/g (Unité Formant des Colonies par gramme de poussière).

Kudzu Science propose ces trois types de kits d’analyse pour la mesure des moisissures dans l’environnement intérieur.

Comment se débarrasser des moisissures dans l’environnement intérieur ?

La présence de moisissure est bien souvent liée à un problème d’humidité: condensation sur les murs, dégât des eaux … Pour se reproduire, les moisissures fabriquent des vésicules qui contiennent des spores. Lorsque les vésicules sont formées et que les conditions ambiantes sont favorables, ces vésicules explosent et libèrent les spores dans l’atmosphère à proximité de la moisissure. Ainsi, la moisissure peut étendre sa colonie et occuper de plus en plus de surface.

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour éliminer les moisissures. Avant tout, il est nécessaire de s’assurer que le problème à l’origine de l’humidité soit résolu.

Dans le cas des pièces d’eau, il est recommandé d’installer une ventilation (extracteur) de type Hygro-B permettant d’évacuer l’air humide jusqu’à l’obtention de conditions d’hygrométrie optimales, c’est à dire une humidité relative de l’ordre de 50%.

Dans le cas d’un dégât des eaux, il est essentiel que la fuite soit réparée et que les parties où l’eau s’est infiltrée soient sèches en profondeur.

Pour l’élimination des moisissures, l’eau de javel ou des fongicides peuvent être utilisés, avec les précautions d’emploi requises pour la manipulation de ces produits chimiques. Les fongicides induisent un risque sanitaire supplémentaire car ils peuvent présenter une toxicité élevée et avoir des effets sur le développement et la reproduction, provoquer le développement de cancers et/ou avoir des propriétés de perturbation du système hormonal (perturbateur endocrinien).