Mesurez votre exposition au glyphosate avec une analyse de cheveux

Le glyphosate est un herbicide non sélectif datant du début des années 1970. Il est utilisé aussi bien pour l’agriculture, que la gestion des forêts et des espaces urbains. Le glyphosate est l’herbicide le plus couramment utilisé dans le domaine agricole et arrive en deuxième position dans l’usage domestique pour l’entretien des jardins. Il est notamment connu sous le nom  commercial Round’Up de Monsanto.

Le glyphosate est aujourd’hui l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Comme il n’est pas sélectif, des plantes ont été génétiquement modifiées OGM (maïs, colza …) pour devenir résistantes au glyphosate et permettre un traitement avec l’herbicide contre les mauvaises herbes sans nuire au développement de la plante OGM. Son classement récent par l’OMS comme cancérigène probable  en fait une substance particulièrement préoccupante pour la santé humaine. 

> Les origines du glyphosate

C’est le chimiste Henri Martin, du laboratoire pharmaceutique Cilag, qui a synthétisé pour la première fois le glyphosate en 1950. Le glyphosate, à cette époque baptisé le N-phosphonomethyl-glycine, a été revendu à différents laboratoires afin de le tester pour lui trouver des applications.

La société Stauffer Chemical (fabrique d’herbicide pour le maïs et le riz) est la première à avoir trouvé une application au glyphosate. En effet, celui-ci a le pouvoir de fixer des cations métalliques, ce qui fait de lui un excellant détartrant : il solubilise le tartre contenu dans les canalisations et les chaudières. Ainsi le premier brevet pour le glyphosate est déposé en 1964 comme agent chélateur.

Le chimiste John Franz, de la société Monsanto, a découvert le pouvoir herbicide du glyphosate. En 1974, Monsanto brevette le glyphosate comme herbicide, sous la marque RoundUp.

En 2000, le brevet de Monsanto devient public. Ainsi, le glyphosate est produit par plus de 40 sociétés sous la forme de 300 désherbants différents. En 2016, 800 000 tonnes de désherbants à base de glyphosate ont été utilisées dans le monde.

En 2010, le glyphosate a été breveté comme antibiotique à large spectre. Il présente également des propriétés antiparasitaires.

> Le mode d’action du glyphosate

Le glyphosate inhibe l’enzyme 5-enolpyruvoyl-shikimate-3-phosphate synthase (EPSPS) impliquée dans la voie métabolique de l’acide shikimique. Cet acide permet aux plantes de synthétiser trois acides aminés essentiels à leur croissance et leur survie : tyrosine, phénylalanine et tryptophane. Cette voie métabolique est commune à toutes les plantes, d’où la non-sélectivité du glyphosate.

Cette voie métabolique étant en théorie absente chez les animaux, le glyphosate est considéré comme un pesticide non toxique pour l’homme d’où sa description par Monsanto comme « aussi inoffensif que du sel de table ».

Cependant, en 2015, il a été classé comme « probablement cancérigène » pour l’Homme par l’Organisation Mondiale de la Santé (Groupe 2A).

> La toxicité du glyphosate

Des études décrivent divers effets néfastes pour le glyphosate allant d’une irritation cutanée, des maux de gorge à un disfonctionnement pulmonaire.

Une étude a démontré les effets toxiques sur le foie chez le rat. Après deux ans d’exposition au glyphosate à des teneurs inférieures à la réglementation européenne, les rats ont tendance à développer la maladie du foie gras non alcoolique. Il s’agit d’une accumulation de graisse dans le foie, appelée stéatose, accompagnée de plusieurs lésions du foie : inflammation, ballonisation, des corps de Mallory (amas de microfilaments), nécrose des cellules hépatiques.

De plus, il semblerait que le glyphosate provoque des anomalies congénitales. Il perturbe la voie de signalisation de l’acide rétinoïque, un dérivé actif de la vitamine A, ce qui entraîne un dérèglement des gènes affectant le développement du système nerveux central. L’acide rétinoïque gère aussi la prolifération et la différentiation des cellules, d’où le risque de malformation physique lié à l’exposition au glyphosate. L’exposition au glyphosate a entraîné une augmentation des fausses couches et des malformations congénitales.

De par son effet antiparasitaire, le glyphosate déséquilibre la flore microbienne de l’intestin. Or celle-ci est essentielle pour le système immunitaire, nerveux et métabolique.

Une étude publiée par le CRIIGEN en 2012, a étudié les effets du glyphosate et du maïs « RoundUp Ready » sur les rats. Cette étude montre que les rats exposés au glyphosate ou au maïs OGM ont un taux de mortalité supérieur à celui du groupe témoin. De plus, les rats ont tendance à développer plus de tumeurs lorsqu’ils sont exposés. Des dérèglements hormonaux et des problèmes rénaux sont également observés. Les mâles sont plus sujets à des congestions et des nécroses du foie. L’étude considère le RoundUp, donc le glyphosate, comme une substance présentant des effets de perturbateur endocrinien, entraînant ainsi une relation dose-réponse non-conventionnelle.

Selon la base de données Pesticide Properties DataBase (PPDB), le glyphosate est classé dans les catégories « effet sur la reproduction et le développement », « neurotoxique » et « mutagène ». Il est suspecté d’être cancérigène et perturbateur endocrinien.

> Où retrouve-t-on le glyphosate ? Et comment évaluer son exposition ?

Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Par conséquent, celui-ci se retrouve partout : dans notre alimentation, dans l’eau que nous consommons, dans l’air que nous respirons. Nous sommes tous exposés à cet herbicide. Le problème est de savoir à quelle quantité sommes-nous exposés ?

Afin d’évaluer l’exposition au glyphosate, Kudzu Science vous propose un kit d’analyse des cheveux pour mesurer le glyphosate (CAS 1071-83-6), l’AMPA (Acide Amino-Méthyl-Phosphorique CAS 1066-51-9) son produit de dégradation et le glufosinate (CAS 51276-47-2) un herbicide de la famille du glyphosate également utilisé sur les cultures OGM.

L’analyse des cheveux permet d’évaluer une exposition chronique aux polluants. En effet, les polluants que nous absorbons par voie cutanée, respiratoire ou par ingestion se retrouvent dans notre sang. Ce sang va irriguer les zones de synthèse du cheveu au niveau du bulbe et les polluants présents dans l’organisme vont s’incorporer dans la structure des cheveux. Ainsi tous les polluants que nous absorbons se retrouvent dans nos cheveux. Ces derniers poussent en moyenne de 1 cm par mois. Donc un segment de cheveux de 1 cm permet d’évaluer notre exposition à des substances chimiques sur une période de 1 mois environ.

Kudzu Science réalise l’analyse des 3 premiers centimètres de vos cheveux à partir de la racine afin d’évaluer votre exposition au cours des 3 derniers mois.