Qualité de l’air intérieur dans les écoles: Un kit de mesure pour le formaldéhyde et le benzène

Depuis le 1er janvier 2018, les Etablissement Recevant du Public ont une obligation de surveillance de la qualité de l’air intérieur. Dans un premier temps, ce sont les lieux d’accueil de la petite enfance publics ou privés qui sont concernés: crèches, écoles maternelles et école élémentaire. Par la suite, les collèges et les lycées seront concernés. Quels sont les obligations  et comment s’y conformer ? Quel test de qualité de l’air intérieur réaliser et comment réaliser cette mesure de qualité de l’air intérieur dans un ERP ?

Initialement prévue en 2015, cette obligation (Décret n°2015-1000 du 17 août 2015 Décret n°2015-1926 du 30 décembre 2015 et les arrêtés de 2016 correspondants) a été décalée en 2018 et se décline aujourd’hui sous deux formes.

Quelles sont les obligations de cette surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les ERP ? 

La qualité de l’air intérieur est aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique et en particulier pour les jeunes enfants. Depuis 2011, une législation a été mise en place et deux options sont aujourd’hui disponibles :

– La réalisation d’un audit par des professionnels accrédités par le COFRAC selon la norme ISO 17025 et le référentiel LAB REF 30. Dans cette option, deux campagnes de surveillance sont réalisées en présence des enfants dans l’école : une campagne pendant la période de  chauffage de l’établissement et une campagne hors de la période de chauffage. Lors de ces campagnes, dans les pièces sélectionnées lors de l’établissement de la stratégie de prélèvement, les moyens d’aération sont évalués, des prélèvements de benzène (CAS 71-43-2) et de formaldéhyde (CAS 50-00-0), et une mesure du dioxyde de carbone (CO2) sont réalisés. Les échantillons prélevés doivent être analysés dans un labortoire accrédité par le COFRAC (ISO 17025 / LAB REF 30) et le matériel de mesure doit également être conforme aux exigences du décret concernant la mesure du dioxyde de carbone et le calcul de l’indice de confinement. Cette option est assez coûteuse pour chaque établissement (entre 2000 et 5000€/campagne) et incompatible avec un contexte budgétaire contraint.

– L’application des recommandations d’un guide pratique pour la réalisation  d’un auto-diagnostic. Cette option est beaucoup moins coûteuse, compatible avec un budget très limité et sera développée plus en détail dans la suite de cet article. L’objectif est de faire, en complétant un questionnaire, l’état des lieux sur les moyens d’aération et de renouvellement de l’air, sur l’environnement extérieur (axes routiers, industries chimiques …) et intérieur (produits  de construction et de décoration, mobilier, activités pédagogiques, produits ménagers,…) de l’ERP et l’identification des sources potentielles de contamination par le benzène et/ou le formaldéhyde.

Une fois le questionnaire complété, un plan d’action sera édité indiquant les mesures à mettre en place pour l’amélioration de la qualité de l’air intérieur de l’établissement. Ce plan contient les actions d’information à destination du personnel et des services techniques de l’établissement : rappels sur la nécessité d’aération des locaux à l’intercours, la sélection du mobilier et des produits ménagers …

Les ERP peuvent se faire aider par des professionnels de la surveillance de la qualité de l’air intérieur. La société Transitia propose ainsi une offre  d’accompagnement basée sur l’utilisation d’une application web et la mise à disposition d’un plan d’action personnalisé et élaboré à partir des réponses aux questions du guide pratique édité par le ministère.

Pourquoi mesurer le benzène et le formaldéhyde ?

Ces deux molécules chimiques de la famille de composés organiques volatils COV sont sont très fréquentes dans l’air intérieur et surtout classées cancérigènes avérés pour l’Homme (Groupe 1) par le Centre International de Recherche sur la Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le formaldéhyde (CAS 50-00-0) est un aldéhyde et le benzène (CAS 71-43-2) un hydrocarbure aromatique.

La campagne logement de l’OQAI montre que le formaldéhyde est détecté dans tous les logements et que 20% des logements dépassent le seuil de 30 µg/m3 (valeur guide actuelle VGAI) et 80% le seuil de 10 µg/m3 (valeur cible qui deviendra la valeur guide en 2023).  Il provient essentiellement des produits de construction, décoration et rénovation, du mobilier en bois aggloméré, des produits ménagers et des processus de combustion de la matière organique.

Dans cette même campagne, les taux de benzène ont été mesurés et dans la moitié des logements, la concentration en benzène dépasse 2 µg/m3, la valeur guide (VGAI).

La situation vis-à-vis de ces deux composés chimiques toxiques est préoccupante et il est urgent d’agir pour améliorer la qualité de l’air intérieur dans les habitations mais également dans les Etablissement Recevant du Public.

Pourquoi mesurer le dioxyde de carbone ?

L’air contient environ 400 ppm de CO2. Lorsque nous respirons, nous expirons un air chargé en dioxyde de carbone à une teneur de 1400 ppm environ.

Lorsque nous sommes nombreux dans une pièce mal aérée, le taux de CO2 dans l’air ambiant augmente. A une valeur de 1000 ppm, les premiers effets commencent à se faire ressentir: difficultés de concentration, diminution de l’attention et des capacités d’apprentissage … arrivé à 1700 ppm, les effets sont plus prononcés avec notamment la diminution de la capacité de réflexion et de prise de décisions, la somnolence voire des maux de tête

Le dioxyde de carbone n’est pas considéré comme un polluant de l’air intérieur mais il sert plutôt d’indicateur de l’état de confinement de la pièce. Ainsi, le dépassement de 1000 ppm constitue un premier seuil d’alerte et un bon indicateur du confinement de la pièce.

Il est clair que dans le contexte de l’apprentissage, il est recommandé d’avoir un renouvellement de l’air intérieur adapté et permettant de rester sous le seuil de 1000 ppm.

Comment réaliser les mesures de benzène, de formaldéhyde et de dioxyde de carbone dans un établissement recevant du public ERP ?

En fonction des réponses au questionnaire, il peut être utile de réaliser une mesure de benzène, de formaldéhyde et de dioxyde de carbone. Kudzu Science propose des kits d’analyse très simples d’utilisation et spécialement adaptés au contrôle de la concentration atmosphérique du benzène, du formaldéhyde et/ou du dioxyde de carbone. 

Pour le benzène et le formaldéhyde, le prélèvement d’air intérieur est réalisé à l’aide de capteurs passifs qu’il faut placer dans la pièce à analyser pendant une durée de 4,5 jours, c’est-à-dire du lundi matin au vendredi en fin de journée. Les capteurs sont ensuite envoyés au laboratoire à l’aide de l’enveloppe prépayée incluse dans le kit d’analyse. Concernant le benzène, il est recommandé de réaliser une mesure à l’extérieur de l’ERP de manière à pouvoir distinguer la contamination de l’air intérieur par l’environnement extérieur (circulation automobile notamment).

Pour le benzène, la valeur guide de l’air intérieur (VGAI) est fixée à 2 µg/m3 et la valeur d’action immédiate à 10 µg/m3. Le dépassement de la première valeur indique une contamination significative de la pièce par le benzène et une action doit être entreprise pour diminuer cette concentration.

Pour la mesure du dioxyde de carbone (CO2), un instrument de mesure électronique est proposé. Il s’agit du capteur Class’Air, agrée par le CSTB pour la surveillance de la QAI dans les ERP, qui permet une mesure en continu de ce paramètre et son enregistrement dans la mémoire de l’instrument. L’instrument est placé pendant 4,5 jours dans la salle étudiée. Une fois les mesures réalisées, le capteur est renvoyé au laboratoire pour l’extraction des données et l’édition d’un rapport.

Les résultats des analyses sont disponibles dans les 10 jours ouvrés à compter de la date de réception des échantillons au laboratoire. Ce délai peut être réduit à 5 jours ouvrés si l’option « analyse Express » a été sélectionnée lors de la commande.