Les clés de l’auto-diagnostic de surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les ERP

Les Etablissement Recevant du Public (ERP) sont désormais obligés de réaliser une surveillance de la qualité de l’air intérieur et de s’engager dans une démarche d’amélioration. Cette obligation réglementaire s’applique dans un premier temps aux ERP, publiques ou privés, accueillants la petite enfante: crèches, écoles maternelles, écoles primaires, qui devaient avoir mis en place cette surveillance avant le 1er Janvier 2018.

Initiée en 2011, la réglementation relative à la surveillance de la qualité de l’air intérieur  dans les établissement recevant du public a fait l’objet de plusieurs décrets et a évolué depuis sa création. Kudzu Science fait le point sur les dernières évolution de ce dispositif réglementaire.

Nous passons plus de 80% de notre temps dans des bâtiments à respirer un air dont la qualité est dégradé. Les enfants sont particulièrement sensibles à cette pollution et il est essentiel de les protéger, notamment pendant le temps qu’ils passent à l’école. C’est pourquoi, il existe aujourd’hui une obligation de surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les ERP d’accueil de l’enfance.

En alternative aux campagnes de mesures COFRAC LABREF 30 obligatoires prévues initialement dans les décrets relatifs à la surveillance de la qualité de l’air intérieur (QAI) dans les ERP, il existe aujourd’hui la possibilité de réaliser un auto-diagnostic  beaucoup plus économique que les campagnes de mesure et compatible avec contraintes budgétaires des ERP.

A ce jour, cette obligation concerne les crèches, les écoles maternelles et les écoles élémentaires publiques ou privées mais sera étendue aux collèges et aux lycées dès le 1er Janvier 2020.

La surveillance de la QAI dans les ERP par un auto-diagnostic est simple à réaliser et se fait en plusieurs étapes:

– L’évaluation des moyens d’aération

– Le renseignements de questionnaires à destination de l’équipe de gestion de l’établissement, des personnels techniques, des enseignants et des équipes d’entretien

– La rédaction et la validation d’un plan d’action faisant la synthèse des deux premières étapes et planifiant les actions pour améliorer la qualité de l’air intérieur dans l’établissement d’accueil des enfants.

– La réalisation et le suivi du plan d’action

L’auto-diagnostic peut être réalisé par l’équipe technique de l’ERP ou confié à un professionnel (bureau de contrôle). Une solution logicielle a également été développée pour accompagner les ERP dans cette obligation réglementaire.

Évaluer les moyens d’aération

Les salles de classe sont souvent trop confinées et le renouvellement de l’air intérieur n’est pas assuré correctement. La présence de CO2 (dioxyde de carbone) au-delà de 1000 ppm peut induire des difficultés de concentration et  une diminution des capacités d’apprentissage.

L’évaluation des moyens d’aération est donc essentielle. Elle consiste à renseigner le mode d’aération principal des bâtiments (ouverture des fenêtres, aération naturelle, système de ventilation mécanique) et indiquer dans chaque pièce investigué, le nombre d’ouvrants en précisant leur état de fonctionnement, leur accessibilité et leur manœuvrabilité. Concernant les bouches d’aération, il s’agit de vérifier qu’elles ne sont pas obstruées ou bouchées et de s’assurer que l’apport ou l’extraction d’air se fait correctement en vérifiant que l’air circule et en déterminant le sens de circulation de l’air.

Compléter les questionnaires

Le ministère de la transition écologique et solidaire propose un questionnaire complet pour évaluer la qualité de l’air intérieur, il comporte 4 parties à compléter.

L’équipe de gestion de l’établissement doit remplir un questionnaire qui permettra d’évaluer les risques extérieurs concernant les polluants chimiques les plus préoccupants pour la santé: le benzène, le formaldéhyde et le tétrachloroéthylène (perchloréthylène). Le formulaire à compléter inclus également des questions sur les bonnes pratiques concernant les produits de construction et de décoration, le mobilier, les activités réalisées dans l’établissement, l’entretien et le ménage, les travaux, l’aération et la ventilation.

L’équipe pédagogique (enseignant, animateur …) doit compléter un questionnaire relatif à la pièce qu’il utilise pour l’accueil des enfants et les activités d’enseignements. Il s’agit d’indiquer la présence d’équipement générateur de pollution (chauffage à combustion, photocopieur, imprimante …), de renseigner le matériel d’enseignement et d’activité susceptible d’induire une pollution  de l’air intérieur (peintures, colles, feutres, marqueurs, bougies, encens, huiles essentielles, plantes, animaux, nourriture …). Il sera également nécessaire de renseigner si les bonnes pratiques permettant de limiter la pollution de l’air intérieur sont respectées (aération et ventilation), notamment le signalement de problématiques de moisissures, de condensation, d’inconfort thermique (température et humidité de la pièce), de problème d’accessibilité ou de fonctionnement des ouvrants et de tout ce qui peut permettre d’indiquer un problème de qualité de l’air intérieur

Le questionnaire à compléter par les services techniques concerne le respect des bonnes pratiques pour le stockage des produits de construction et de rénovation, des produits de nettoyage et d’entretien, l’aération des locaux techniques et des bâtiments, l’accessibilité et la manœuvrabilité des ouvrants. Il comporte également des informations relatives au chauffage et à la climatisation, les système d’évacuation des eaux, la présence de photocopieurs et d’imprimantes, les installations des cuisines, le potentiel d’émission de substances dangereuses par les matériaux de construction et de décoration, le mobilier et les revêtements de sol. Enfin, une partie du questionnaire concerne l’utilisation de produits de nettoyage et de désinfection, la réalisation de travaux à l’extérieur ou à l’intérieur des bâtiments, et le bon fonctionnement des moyens d’aération et de ventilation.

La dernière partie du questionnaire est à compléter par le personnel d’entretien et s’intéresse aux activités spécifiques de nettoyage (ramassage des poubelles, les bonnes pratiques de nettoyage (utilisation des produits de nettoyage conformes, ouverture des ouvrants pendant le nettoyage), le stockage et la nature des produits d’entretien utilisés, les observations concernant la présence de nuisibles (rats, souris, insectes …), de moisissures, de phénomènes de condensation, de signes d’infiltration, de fuites d’eau, ou la présence d’odeurs inhabituelles.

Le plan d’action

A la suite de l’évaluation des moyens d’aération et de la collecte des questionnaires complétés, une synthèse des informations obtenues est réalisée. Cette synthèse permet d’identifier les axes d’amélioration de la qualité de l’air intérieur dans l’ERP et de déceler d’éventuelles situation de pollution de l’air intérieur par les polluants prioritaires comme le formaldéhyde et le benzène.

A partir de ces observations, un plan d’action est rédigé, il présente les actions concrètes à mettre en place pour améliorer la qualité de l’air intérieur: rappels sur les bonnes pratiques comme l’aération des salles de classes pendant les pauses, cahier des charges pour la sélection et l’utilisation des produits d’entretien, du matériel nécessaire aux activités pédagogiques, des matériaux de décoration et de rénovation,  l’entretien et le contrôle régulier des moyens d’aération, l’information et la sensibilisation des équipes enseignantes et des nouveaux arrivants.

C’est dans le cadre du plan d’action que la réalisation de mesure de polluants doit être programmée. Ces mesures peuvent être entreprises soit pour faire un premier bilan de la qualité de l’air intérieur et  évaluer l’efficacité des actions mises en place ou soit pour répondre à un risque identifié suite à l’étude des questionnaires.

Chaque année, un bilan sur les actions réalisées et leurs effets est réalisé et permet vérifier que les actions ont bien été réalisées et de mettre en œuvre une politique d’amélioration de la qualité de l’air intérieur à court, à moyen et à long terme.

La mesure des indicateurs de qualité de l’air intérieur 

La mesure des indicateurs de qualité de l’air intérieur porte sur 3 substances chimiques:

Le dioxyde de carbone (CO2): émis par la respiration humaine et les processus de combustion, son accumulation dans l’air intérieur a un impact direct sur l’activité du cerveau. Au-delà de 1000 ppm, les effets sont déjà ressenti et se traduisent par des difficultés de concentration, d’attention et donc d’apprentissage. Dans une salle de classe, la respiration des occupants produit des quantités importantes de CO2 et un défaut de renouvellement d’air a pour conséquence l’accumulation du CO2 et le dépassement rapide des valeurs seuils (1000 ppm pour le seuil d’information et 1700 ppm pour le seuil d’alerte). La mesure du CO2 dans la salle de classe permet d’en évaluer le confinement. Elle est réalisée à l’aide de capteurs électroniques à réponse immédiate.

Kudzu Science propose un kit d’analyse pour la location d’un capteur de CO2 répondant aux exigences techniques (Kit Mesure CO2).

Il est fortement recommandé d’installer un capteur en permanence dans chaque salle de classe afin d’agir immédiatement lorsque le taux de CO2 dépasse les valeurs seuils.

Le benzène: émis par les carburants et produit par la circulation automobile et combustion des carburants et des matériaux, sa présence dans l’air intérieur d’un ERP est particulièrement préoccupante. Le benzène est un composé organique volatil (COV). Classé cancérigène avéré pour l’Homme par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le seuil d’information pour les ERP est fixé à 2 µg/m3 et le seuil d’alerte à 10 µg/m3.

Kudzu Science propose un kit d’analyse pour la mesure du benzène dans l’air intérieur répondant aux exigences techniques (Kit Mesure Benzène). Il s’agit d’un capteur passif à placer dans la pièce à analyser pendant 4,5 jours consécutifs (du lundi matin au vendredi soir).

Lors de la mesure du benzène dans l’air intérieur d’un ERP, il est fortement recommandé de réaliser une mesure du benzène à l’extérieur. En effet, la pollution de l’air intérieur par le benzène peut avoir l’air extérieur comme origine, notamment lorsque l’ERP est situé à proximité d’un axe de circulation routière importante. Kudzu Science propose également un kit d’analyse pour la mesure du benzène à l’extérieur (Kit Mesure Benzène Extérieur) qui comporte un abri extérieur permettant la protection optimale du capteur pendant le prélèvement.

Le formaldéhyde: émis par le mobilier en bois reconstitué (aggloméré, mélaminé, panneau à particule …), présent dans le produits d’entretien et dans les colles, produit lors de la combustion des matériaux, sa présence dans l’air intérieur des ERP est particulièrement préoccupante. Ce polluants classé substance cancérigène avérée pour l’Homme par l’OMS, le seuil d’information pour les ERP est fixé à 30 µg/m3 et le deuil d’alerte à 100 µg/m3. Attention, ilest prévu que le seuil d’information soit fixé à 10 µg/m3 à partir du 1er Janvier 2023. Rappelons également que le formaldéhyde est un composé organique volatil présent dans tous les bâtiments, il est très irritant pour les voies respiratoires et favorise l’asthme et les allergies respiratoires.

Kudzu Science propose un kit d’analyse pour la mesure du formaldéhyde dans l’air intérieur répondant aux exigences techniques (Kit Mesure Formaldéhyde). Il s’agit d’un capteur passif à placer dans la pièce à analyser pendant 4,5 jours.

Les kits d’analyse de Kudzu Science sont économiques, très simples d’utilisation et intègrent le retour prépayé des prélèvements au laboratoire, l’analyse des échantillons et la rédaction d’un rapport d’analyse complet et compréhensible à destination des ERP.