Qualité de l’air intérieur: Adoptez les bons gestes pendant le confinement !

« Restez chez vous », c’est le message des autorités qu’il faut appliquer pour limiter l’épidémie de coronavirus (COVID-19). Habituellement, nous passons plus de 50% de notre temps quotidien dans notre habitation. Avec les mesures de confinement décrétées en France dès le 16 mars 2020, c’est pratiquement 100% de notre temps que nous passons à l’intérieur des logements.

Asthme, allergies, maux de tête … la pollution de l’air intérieur a des effets reconnus sur la santé et coûte chaque année à la collectivité plus de 19 Milliards €. Elle aggrave également les difficultés respiratoires qui sont l’un des symptômes de cette pathologie virale. La période de confinement est l’occasion de se pencher sur cet enjeu majeur de santé publique.

Améliorer la qualité de l’air intérieur au quotidien est possible et simple à mettre en place dans son foyer. Suivez notre guide en 6 étapes !

1 | Aérer son logement.

Saviez-vous que l’air de nos habitations était 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur ? Cela peut paraître aberrant, mais c’est une réalité. Matériaux de construction, mobilier, produits ménagers, parfums, produits cosmétiques… La liste des sources d’émissions potentielles est longue. Les conditions ambiantes (température, humidité, aération), le nombre de personnes présentes et leurs habitudes ou la présence d’animaux domestiques sont autant de facteurs qui influencent la qualité de l’air.

Comme l’air extérieur est moins pollué que l’air intérieur, renouveler l’air est un excellent moyen de diminuer efficacement la pollution en Composés Organiques Volatils (COV) et en dioxyde de carbone (CO2) et d’éliminer les acariens avec lesquels nous cohabitons. Il est conseillé d’aérer son logement pendant 10 minutes au moins deux fois par jour, en créant si possible un courant d’air. Une aération intense est également recommandée pendant les activités produisant une émission importante de pollution telles que le bricolage et le nettoyage.

2 | Vérifier les systèmes de ventilation et d’aération.

Les systèmes de ventilation et d’aération de nos logements sont des alliés de la qualité de l’air intérieur. Bien qu’ils ne remplacent pas l’aération manuelle par ouverture des fenêtres, leur intérêt n’est plus à démontrer. Un système bien dimensionné et correctement entretenu permet de renouveler l’air, de réduire la pollution en COV et de limiter le développement de moisissures en évacuant l’humidité excessive. Que la ventilation soit naturelle ou mécanique, il convient donc de s’assurer que de l’air propre venant de l’extérieur circule en continu.

C’est l’occasion de réaliser votre propre diagnostic, et pour cela, on vous guide.

Peut-être avez-vous déjà remarqué la présence de courants d’air, même lorsque les fenêtres sont fermées ? L’air neuf provient des entrées d’air, généralement situées dans les pièces de vie principales (salon/séjour, chambre…). Si les températures extérieures sont fraîches et que le vent souffle, votre recherche n’en sera que simplifiée. Dans chaque pièce de votre logement, identifiez et examinez chaque entrée et sortie d’air (grilles, conduits, bouches d’aération). Il vous suffit de vous assurer que celles-ci soient propres et non obstruées. Les poussières s’y accumulent et favorisent ainsi le développement de bactéries et de moisissures. Il convient donc de nettoyer les grilles avec un produit désinfectant (eau de javel diluée par exemple). Comme pour tout gros ménage, il est recommandé de se protéger les voies respiratoires pour limiter tout risque d’exposition aux poussières.

3 | Prendre conscience des polluants qui nous entourent.

Une bonne aération n’est pas toujours suffisante pour garantir un air intérieur de qualité. Il est essentiel de prendre conscience des polluants qui nous entourent pour en réduire les émissions dans nos logements. Les principales catégories de polluants sont détaillées dans notre article « Ces maisons qui nous rendent malades ».

Les polluants dits volatils, ou COV, sont présents à l’état gazeux dans l’air que l’on respire. Ils sont directement diffusés dans l’air, en faible quantité et de manière continue (mobilier en bois aggloméré, utilisation de diffuseurs de parfum ou d’huile essentielle…), ou en quantité importante et de manière ponctuelle (tabagisme, cheminée, nettoyage et désinfection…). Un bon renouvellement de l’air et une aération quotidienne permettent généralement de limiter leur accumulation.

Les autres polluants (allergènes, pesticides, plastifiants, métaux lourds…), dits semi-volatils, sont principalement présents dans les poussières, où ils s’y accumulent. Les particules de poussière les plus fines étant en suspension dans l’air, celles-ci peuvent être inhalées, transportant ainsi les polluants jusqu’à notre organisme. Leurs sources d’émissions sont multiples (peintures, revêtements de sol, charpentes apparentes, proximité avec un site industriel ou une parcelle agricole…) et ne peuvent pas toujours être éliminées. Le ménage sera dans ce cas votre allié n°1.

4 | Faire le ménage, oui, mais avec précaution.

Vous l’aurez compris, la poussière de nos logements est un concentré de polluants en tous genres. Cela n’étant pas sans risque pour notre santé, il convient d’adopter les bons gestes.

Les produits ménagers du commerce contiennent des solvants (alcools), des parfums (terpènes) et des biocides (formaldéhyde). L’utilisation de produits ménagers odorants ou en surdoses produit une pollution importante de l’air intérieur. Il est donc recommandé d’utiliser des produits ménagers peu odorants (contrairement à l’idée reçue, le propre n’a pas d’odeur), de bien aérer pendant les activités de ménage, et de les stocker dans un endroit suffisamment ventilé. Il existe de nombreuses recettes naturelles pour fabriquer soi-même des produits ménagers plus sains et plus respectueux de l’environnement. Le vinaigre blanc est reconnu pour ses propriétés bactéricides, dégraissantes et nettoyantes. Le bicarbonate de soude est utilisé pour absorber les odeurs et son action désincrustante est d’une grande efficacité. Attention toutefois de ne pas ajouter trop d’huiles essentielles qui sont à l’origine de la pollution de l’air intérieur.

De nombreux polluants chimiques et biologiques sont présents dans les poussières. L’utilisation d’un aspirateur équipé d’un filtre HEPA est une bonne solution pour réduire leur présence dans l’air intérieur. Attention à certains systèmes « attrape poussière » qui ne font que redisperser la poussière dans l’air (plumeau par exemple). La poussière s’élimine aisément avec un chiffon en microfibres humide ou à l’aide d’un bas ou collant en maille fine (action électrostatique).

5 | Adopter la bonne attitude pour réduire les émissions.

La diminution de la pollution de l’air intérieur passe par la sélection de matériaux de construction, de rénovation et de décoration peu émissifs en COV. Un étiquetage obligatoire est désormais affiché sur chaque produit et permet de choisir les produits et matériaux les moins émissifs (étiquetage A+ pour les produits et matériaux très faiblement émissifs à C pour les produits matériaux fortement émissifs). Lors de vos prochains achats, n’hésitez pas à comparer deux produits d’une même catégorie. Les teneurs de COV sont très différentes d’un produit à un autre.

Le mobilier en bois non-brut (aggloméré, mélaminé, reconstitué) contient des colles, souvent à base de formaldéhyde, dont les polluants se diffusent lentement dans l’air intérieur pendant plusieurs années. Choisir du mobilier en bois brut permet de limiter les émissions de polluants dans l’air intérieur. Attention toutefois aux produits de traitement du bois qui peuvent contenir des insecticides et de fongicides.

6 | Traiter pour assainir l’air intérieur.

Le traitement de l’air peut être utilisé en préventif ou en curatif. Les technologies basées sur la filtration HEPA des poussières et la filtration des COV sur du charbon actif sont éprouvées pour traiter la pollution de l’air intérieur. Selon l’ANSES, les autres technologies comme la photocatalyse, l’ionisation et le plasma nécessitent encore des preuves de leur efficacité et peuvent générer des sous-produits parfois plus toxiques que les polluants présents dans l’air intérieur.

Les plantes sont trop souvent présentées comme solution de traitement de la pollution de l’air intérieur mais en réalité elles ne sont pas suffisamment efficaces pour avoir un effet significatif. Par ailleurs, les conditions d’humidité du substrat (terreau) sont favorables au développement des moisissures potentiellement toxiques pour l’Homme.

Attention ! L’encens, les huiles essentielles, les bougies et le papier d’Arménie sont également présentés comme des moyens d’assainir l’air intérieur. Bien au contraire, leur utilisation produit une pollution importante de l’air intérieur avec des substances très toxiques comme le benzène, le formaldéhyde, les terpènes et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

 

Vous l’aurez compris, en cette période de confinement, agir pour améliorer la qualité de son environnement quotidien est simple et à la portée de tous. L’occasion de faire le point sur nos habitudes, de faire le tri dans les produits que nous stockons, de respirer simplement. Pour notre santé d’aujourd’hui et pour préserver celle de demain.