Journée des familles : Veillons au bien-être de nos enfants dans nos logements

La journée internationale des familles, instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies depuis 1993, a pour but de mieux faire comprendre les problèmes que connaissent les familles et d’y trouver des solutions. Cette journée doit permettre d’inciter les gouvernements à agir en faveur d’une politique familiale adaptée au peuple et à son bien-être. Pourtant, très peu de communication est faite autour des perturbateurs endocriniens auxquels nous sommes exposés quotidiennement dans la plupart de nos logements. Ces molécules ont un fort impact sur le développement de l’organisme et particulièrement pour les enfants. Etes-vous concernés ?

Un problème microscopique

En France, ce ne sont pas moins de 758 000 bébés qui ont vu le jour (1) au dernier recensement officiel en 2018. Les familles françaises comptent en moyenne 1,8 enfants par famille (2). Le nombre d’unions est également en augmentation constante. Bref, la famille a la cote en France !

Nous comptons beaucoup sur les prochaines générations. Et pourtant, nous les exposons chaque jour à des molécules nocives pour leur développement physiologique : les perturbateurs endocriniens.

Kudzu Science souhaite sensibiliser le grand public aux effets néfastes de ces composés dont l’utilisation s’est démocratisée ces dernières décennies. Une étude de 2015 (3) portant sur la qualité de l’air intérieur (campagne réalisée par l’OQAI – l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur) a porté sur 484 logements répartis en France. Dans chacun de ces logements ont été effectués des prélèvements de poussières pour la recherche et la quantification de 48 COSV (Composé Organique Semi-Volatil), dont des pesticides, des plastifiants (les phtalates et les bisphénols sont les marqueurs de la pollution par le plastique) et des retardateurs de flamme.

Cette étude révèle que plusieurs molécules sont quantifiées dans tous les échantillons :

  • 5 Phtalates et le Bisphénol-A (plastifiants). Les phtalates sont les principaux polluants des poussières.
  • 2 agents odorants (Tonalide et Galaxolide)
  • 3 HAP (Hydrocarbure aromatique polycyclique)
  • 1 Pesticide (la Perméthrine ; Biocide utilisée comme anti-moustique et pour traiter les literies, les animaux ou encore le bois)

Certaines molécules sont présente dans au moins un logement sur deux :

  • 1 autre Phtalate et le Tributylphosphate (plastifiants)
  • 4 PCB et 3 PBDE (des retardateurs de flamme)
  • 1 autre HAP
  • 1 autre pesticide (Lindane ; Polluant Organique Persistant POP interdit d’utilisation depuis 2007 mais qui ne se dégrade pas dans l’environnement, utilisation pour le traitement du bois en intérieur et en extérieur).

Et sur les 48 COSV recherchés, un seul n’a jamais été retrouvé : le dichlorvos (un pesticide insecticide).

Quels effets sur la santé ?

Bien que ces molécules ne fassent que quelques nanomètres de long, leur impact sur la santé peut être majeur. En effet, parmi les molécules recherchées lors de cette étude :

  • La plupart des HAP et le Lindane sont classés cancérigènes.
  • Le Bisphénol-A, les phtalates et les PBDE sont classés perturbateurs endocriniens.
  • Les Pyréthrinoïdes (comme la Perméthrine, Cyperméthrine, Cyfluthrine …) peuvent provoquer des troubles neurologiques et sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances (ou un mélange de substances) qui altèrent les fonctions du système endocrinien. Cela induit des effets néfastes pour le fonctionnement et le développement d’un organisme et de sa progéniture.

Comment agissent ces molécules ?

Elles agissent sur la production, le transport et l’action des hormones au ni récepteurs cellulaires.

Les hormones jouent un rôle de « messager chimique » qui permettent notamment de stimuler la croissance et le développement, de réguler les pulsions et les humeurs, ou encore de contrôler les paramètres physiologiques (température, pression artérielle, glycémie…). Elles sont présentes dans la circulation sanguine à des concentrations très faibles (de l’ordre de 100 ng/L de sang pour la testostérone et l’estradiol).

Quels sont les risques pour les plus jeunes ?

Ces molécules auxquelles nous sommes exposés au quotidien, même à faible dose, peuvent déséquilibrer le fonctionnement normal de notre organisme. La période critique durant laquelle ces molécules peuvent entrainer de graves effets sur le développement s’étale sur 1000 jours pour une femme enceinte et son enfant : de 3 mois avant la conception jusqu’à deux ans après la naissance.

Des molécules telles que le Bisphénol-A sont suspectés d’être à l’origine de malformation génitale pour le fœtus ; de cancers, de phénomène de féminisation et de puberté précoce pour l’enfant.

Les PBDE ont une structure proche de celle des hormones thyroïdiennes (Thyroxine T3 et triiodothyronine T4) et peuvent en perturber le fonctionnement. La thyroïde est une glande endocrinienne qui joue un rôle important dans le développement et la différenciation de toutes les cellules du corps humain, aussi bien au stade fœtal que pour l’enfant.

Les solutions

La qualité de l’environnement intérieur de nos habitations doit être un des enjeux majeurs de santé publique de notre époque.

Veillons à la santé de nos enfants et permettons-leur de grandir dans un environnement sain. La poussière peut contenir des perturbateurs endocriniens qui peuvent se retrouver dans leur organisme.

Pour limiter la présence de perturbateurs endocriniens dans l’environnement intérieur, pensez à nettoyer votre logement régulièrement et à aérer les pièces de vie plusieurs fois dans la journée. Limitez l’usage de produits chimiques dans le traitement de surfaces.

Les perturbateurs endocriniens sont fixés sur les poussières :

  • Nettoyer le logement avec des chiffons humides pour les surfaces.
  • Nettoyer les sols avec un aspirateur HEPA (piège les particules fines sur lesquelles sont fixés les COSV PE) et changer régulièrement le filtre HEPA.
  • Limiter l’utilisation de plastique dans son quotidien.
  • Utiliser un purificateur d’air efficace contre la pollution par les particules fines et les polluants chimiques, c’est-à-dire équipé à minima d’un filtre HEPA et charbon actif.
  • Limiter l’utilisation de produits ménagers industriels

Pour savoir si votre logement est exposé aux perturbateurs endocriniens, Kudzu Science vous propose de réaliser une analyse de la poussière présente dans votre logement mais également de vérifier si vous ou vos enfants êtes déjà exposés en testant la présence de ces substances néfastes dans vos cheveux.

Nous vous aiderons à identifier les polluants pour vous permettre d’en déterminer les sources dans votre logement et de les éliminer.

 

Sources

INSEE. Natalité – Fécondite; Tableaux de l’économie française. [En ligne] 26 03 2019. https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676604?sommaire=3696937

INSEE. Ménages et familles – Séries longues. INSEE. [En ligne] 16 12 2019. https://www.insee.fr/fr/statistiques/3138834?sommaire=3138843.

KudzuScience. Maisons polluées: Les poussières parlent. Blog Hometesting. [En ligne] 25 02 2016. http://www.blog-hometesting.com/substances_nocives/bisphenol-bpa/maisons-polluees-les-poussieres-parlent/.