Notre exposition quotidienne à la pollution plastique

Des additifs chimiques sont utilisés massivement dans les plastiques depuis plus de 50 ans : les phtalates. Ils sont omniprésents dans les matières plastiques, les cosmétiques, les peintures, les vêtements, les jouets… Aujourd’hui, Il est quasiment impossible de ne pas être exposé à ces polluants.

Ces produits chimiques appartiennent au groupe de composés organiques dérivés de l’acide phtalique. Tous phtalates confondus, ils sont produits et utilisés à raison de plus de 3 millions de tonnes par an dans le monde.

Plusieurs d’entre eux sont classés comme perturbateurs endocriniens ou encore CMR (cancérigène / mutagène / reprotoxique). Quelques phtalates ont été interdits d’utilisation en France et en Europe, mais ils sont toujours très largement utilisés. L’exposition aux phtalates pose aujourd’hui des problèmes majeurs de santé publique.

Les phtalates dans notre quotidien

Les phtalates sont présents dans la quasi-totalité des objets en plastique et du fait des quantités énormes générées par notre mode de consommation, ils se retrouvent également partout dans l’environnement. Ils sont biodégradables mais persistent très longtemps dans certains milieux comme les milieux aquatiques.

Ces composés permettent de donner des propriétés mécaniques, optiques, ou chimiques très intéressantes aux matériaux plastiques. Les phtalates sont principalement produits pour la fabrication de PVC. Ils permettent de le rendre semi-rigide, plus souple et moins cassant.

« Les phtalates peuvent représenter jusqu’à 50% en masse du plastique dans le produit fini. »

Leur structure de base est commune et dérive de l’acide phtalique. Ce sont les deux groupements ester de chaines carbonées qui varient d’un phtalate à l’autre et donnent des propriétés spécifiques à chacun. Les phtalates se présentent sous forme de liquides ou solide. La plupart sont très peu volatils. Ils sont plutôt hydrophobes, et auront donc une meilleure affinité avec les graisses. Cette propriété les rends bio-accumulable, c’est-à-dire qu’ils sont lent à éliminer pour les organismes exposés.

Formule chimique générique d’un phtalate : un noyau benzénique
et deux groupements ester avec des chaînes carbonées (R1 et R2).

Voici une liste non exhaustive d’objets où l’on retrouve des phtalates :

  • Emballages alimentaires:  DEHP (di-2-éthylhexyle-phtalate), DiNP (di-iso-nonyle-phtalate), DOP (di-octyl-phtalate)
  • Jouets pour enfants: DiNP
  • Cosmétiques (parfums, déodorants, vernis à ongles, crèmes …): DBP (di-butyl-phtalate), DEP (di-ethyl-phtalate), DMP (di-methyl-phtalate)
  • Vêtements (motifs et décorations, vêtements synthétiques): DiNP
  • Revêtements: DiNP, BBP (Butyl-Benzyl-Phtalate)
  • Pièces en plastique industrielles (pièces de voitures, tuyaux plastiques flexibles, PVC …): BBP, DOP
  • Insecticides: DBP
  • Objets du quotidien (rideaux de douche, housses, draps, sacs, bouteilles plastique, colles…): DEHP, DOP, BBP
  • Objets à usage unique (en milieu hospitalier, en laboratoires, …): DiDP (di-iso-decyl-phtalate), DCHP (di-cyclohexyl-phtalate)

Quelles sont les principales sources d’exposition aux phtalates ?

Utilisés dans les emballages alimentaires, ils auront tendance à migrer vers les aliments riches en graisses. Une fois l’aliment ingéré, les phtalates se diffusent dans l’organisme.

La principale voie d’exposition aux phtalates est l’ingestion.

L’exposition par inhalation est également importante car ils sont présents en quantité importante dans les poussières fines présentes dans l’air que nous respirons. Cette exposition est d’autant plus importante avec les parfums, les déodorants, les insecticides, les colles…

L’exposition par voie cutané n’est pas aussi importante que par ingestion et par inhalation, même si le contact direct d’objets avec la peau (notamment les vêtements, ou des cosmétiques type crème) et le contact aux phtalates présents dans l’air (parfums, déodorants, colles) contribuent de façon non négligeable à une exposition chronique de l’organisme.

La voie intraveineuse est une voie d’exposition exceptionnelle, c’est le cas en milieu hospitalier où l’organisme peut être en contact prolongé aux appareils médicaux contenant des phtalates (poches de sang, sondes intraveineuses etc…).

C’est le cumul de toutes ces sources d’exposition quotidienne et du nombre de phtalates qui provoque des problèmes de santé car plusieurs phtalates sont identifiées comme substances CMR (Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques). Pour ces raisons, les produits en contenant doivent être étiquetés avec les mentions « Toxique » et « Nocif pour l’environnement ».

Les phtalates ayant un caractère CMR ont été interdits dans l’Union Européenne suite aux études ayant démontré leur toxicité. En particulier :

  • Interdiction du DEHP, BBP et DBP dans les jouets pour enfants et interdiction du DINP, DIDP et DNOP dans les jouets pour enfants de moins de trois ans depuis 2005.
  • Les phtalates tels que le DBP, DEHP, BBP ne sont pas autorisés dans les produits cosmétiques depuis 2004.
  • Depuis 2007, le DEHP est interdit dans les matériaux de contact alimentaire et son usage est restreint dans les dispositifs médicaux et en particulier ceux destinés aux nouveau-nés, aux femmes enceintes ou allaitantes.

Le plus préoccupant est que certains phtalates sont classés perturbateurs endocrinien et pour ces produits ce n’est pas la dose qui fait le poison. Ainsi, ils ont des effets sur la santé dès les faibles doses d’exposition et affectent plus particulièrement l’embryon, le fœtus, les nourrissons et les enfants pendant leurs premières années de vie.

« L’exposition aux phtalates peut conduire à de graves problèmes de santé. »

Une exposition chronique aux phtalates peut provoquer des troubles tels que : baisse de la fertilité, malformations fœtales, anomalies du développement sexuel, puberté précoce, impact sur certains organes comme le foie et les reins.

Comment y remédier ?

Pour réduire les risques sanitaires, il est essentiel de limiter au maximum l’exposition aux phtalates. Vous pouvez dès à présent adopter quelques habitudes simples. En voici des exemples :

  • Porter des vêtements faits à partir de matières premières naturelles (coton, chanvre, soie …)
  • Privilégier des contenants en verre pour vos aliments.
  • Ne surtout pas chauffer ses aliments dans un contenant en plastique
  • Acheter des aliments le moins emballé possible (en vrac par exemple)
  • Vérifier la composition des parfums, déodorants, et autres produits cosmétiques que vous utilisez
  • Essayez des alternatives aux produits en bouteille plastique (shampooings, savons, dentifrices et déodorants solides…)
  • Consommer l’eau du robinet plutôt que celle en bouteille plastique
  • Pour les enfants, utiliser des jouets en d’autres matières que le plastique, comme le bois par exemple

Comment peut-on mesurer son exposition aux phtalates ?

Grace à Kudzu Science, il est aujourd’hui possible de tester son exposition aux phtalates en analysant un échantillon de cheveux. En effet, les phtalates assimilés par votre organisme circulent via le réseau sanguin qui alimente également les racines des cheveux. Lors de leur synthèse, les cheveux incorporent les polluants présents dans la circulation sanguine. Les phtalates se retrouvent ainsi « stockés » définitivement dans la structure des cheveux.

L’analyse des cheveux permet de mesurer l’exposition d’un organisme à la pollution et a été employée par INC 60 Millions de Consommateurs pour mesurer l’exposition d’enfants à ces molécules toxiques.

Vous souhaitez vérifier votre exposition ? Vous pouvez analyser vos cheveux grâce à notre kit d’analyse  Perturbateurs Endocriniens Cheveux qui propose plusieurs déclinaisons pour l’analyse de phtalates

Nous passons plus de 80% de notre temps dans des bâtiments. L’étude récente de l’UFC Que Choisir  a montré que les phtalates étaient les principaux polluants organiques de l’air intérieur dans les poussières. L’analyse des poussières domestiques permet de mesurer la pollution de l’environnement intérieur par des phtalates. Kudzu Science propose un kit d’analyse permettant de vérifier le niveau de contamination de sa maison ou de son bureau.

Pour obtenir le kit d’analyse Perturbateur Endocriniens Poussière, vous pouvez contacter notre service client.