Biomonitoring : l’IRES recherche 50 volontaires entre 21 et 40 ans

L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’exposition récente (analyse sanguine) et ancienne (analyse capillaire) des populations à 182 pesticides et 10 retardateurs de flamme.

De plus, cette étude permettra de valider l’approche terrain du dispositif de prélèvement sanguin (Dried Blood Spot) et d’évaluer la complémentarité entre analyse sanguine et capillaire pour l’évaluation de l’exposition à ces produits chimiques présents dans notre environnement quotidien (air extérieur, air intérieur, alimentation, eau …) avec des risques pour la santé (perturbation endocrinienne, cancer, neurotoxicité…).

Comment participer à la campagne en France ?

La campagne de mesure de l’exposition humaine aux pesticides et aux retardateurs de flamme est ouverte à tous les volontaires répondant aux deux critères suivants :

  • Être âgé(e) entre 21 et 40 ans ;
  • Ne pas être hémophile ou prendre un traitement anticoagulant.

La participation à l’étude est libre et chaque participant peut à tout moment quitter l’étude.

La campagne de mesure en France est organisée par le Réseau Environnement Santé.

Pour soumettre votre candidature, il vous suffit de compléter notre questionnaire en ligne :

Le nombre de participants étant limité à 50 personnes, il est conseillé de soumettre sa candidature dans les meilleurs délais. La fin du recrutement est prévue pour le 30 Septembre 2020.

Le comité de pilotage du projet étudiera les candidatures en fonction des réponses apportées au questionnaire en ligne et validera la participation des candidats.

Chaque candidat recevra ensuite une réponse indiquant que :

  • Sa candidature a été retenue. Il recevra une note d’information et un formulaire de consentement éclairé afin de valider sa participation à l’étude ;
  • Sa candidature a été validée et il est sur la liste d’attente pour participer à l’étude ;
  • Sa candidature n’a pas été retenue pour la participation à l’étude

Comment se déroule la campagne ?

Les participants à l’étude recevront un kit de prélèvement de cheveux (une mèche de cheveux), un kit de prélèvement de sang (3 gouttes déposées sur un support Dried Blood Spot) et un questionnaire anonyme.

Les prélèvements seront envoyés au laboratoire pour la recherche et la quantification de pesticides dans les cheveux et le sang.

Les résultats seront interprétés et présentés dans la thèse de Claire Clisson dont la soutenance est prévue début 2021. A l’issue du projet, chaque participant recevra un rapport national (avec ses résultats) et un rapport international (comparaison des 4 pays étudiés). Les résultats de chaque participant seront identifiables grâce à un identifiant unique fourni au début de la campagne.

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez nous contacter à l’adresse mail dédiée au projet : campol-france@kudzuscience.com

Description du projet de recherche

L’Institut de Recherche et d’Expertise Scientifique (IRES), en partenariat avec l’Institut de Chimie et Procédés pour l’Energie, l’Environnement et la Santé (ICPEES) de l’Université de Strasbourg et le Réseau Environnement Santé (RES) organisent une campagne pour évaluer l’exposition humaine aux pesticides et retardateurs de flamme.

Cette étude s’inscrit dans le cadre de la thèse de Claire Clisson, dont le sujet est l’« Apport de solutions innovantes de prélèvement et d’analyse pour l’évaluation de l’exposition aigüe et chronique aux agents chimiques ». Le directeur de thèse est Pr. Maurice MILLET de l’Institut de Chimie et Procédés pour l’Energie, l’Environnement et la Santé, de l’Université de Strasbourg (France). Le responsable en entreprise est Dr. Vincent PEYNET de l’Institut de Recherche et d’Expertise Scientifique (France).

Afin d’évaluer l’exposition des populations aux substances chimiques, l’Institut de Recherche et d’Expertise Scientifique (Strasbourg – France) met en place une campagne d’analyse dans 4 pays : la France, le Laos, le Pérou et le Sénégal. 50 volontaires seront sélectionnés par pays selon les critères suivants : âge (21 et 40 ans), sexe (50% femme / 50 % homme) et le milieu de vie (50% urbain / 50% rural).

Ce projet permettra d’évaluer d’une part l’imprégnation des populations aux polluants environnementaux (pesticides et ignifugeants) et d’autre part la complémentarité entre une analyse sanguine et une analyse capillaire. Il y a peu de données sur l’utilisation du dispositif Dried Blood Spot en campagne de prélèvement, ce projet permettra donc de valider l’approche terrain du dispositif.

Pourquoi étudier l’exposition humaine aux pesticides et aux retardateurs de flamme?

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées pour tuer les insectes (insecticides), les végétaux (herbicides) et les champignons (fongicides). En 2019, environ 86000 tonnes de pesticides ont été utilisées en agriculture. Les retardateurs de flamme sont des additifs chimiques ignifugeants incorporés dans de nombreux produits de consommation.

Ces produits chimiques sont présents dans notre environnement quotidien (air extérieur, air intérieur, alimentation, eau …) et les populations y sont malheureusement exposées avec des risques pour la santé. Pour évaluer ces risques, il est indispensable de disposer de données permettant de connaître avec précision le niveau d’exposition individuel. Les matrices biologiques comme le sang, l’urine et les cheveux sont généralement utilisées pour mesurer le niveau d’exposition d’une personne.

Pourquoi étudier le sang et les cheveux pour évaluer l’exposition humaine ?

L’exposition de l’organisme à la pollution se produit par trois voies : respiratoire, digestive et cutanée. Une fois absorbés, les polluants passent dans la circulation sanguine et sont diffusés dans l’ensemble de l’organisme. Ils sont dirigés vers des organes cibles (par exemple le foie) ou des organes de stockage (par exemple les graisses et les cheveux). Dans le foie, ces composés peuvent ensuite subir, en fonction de leur caractère hydrophobe, une métabolisation. Il s’agit d’une biotransformation qui va favoriser l’élimination des polluants de l’organisme. Les polluants ou leurs métabolites seront principalement éliminés dans l’urine.

Le sang est la matrice de référence pour étudier l’exposition d’un individu aux substances chimiques. Ces derniers ont un temps de séjour dans le sang de l’ordre de quelques heures à quelques jours. Une analyse sanguine permet donc d’évaluer une exposition récente. L’analyse de sang classique présente plusieurs inconvénients au niveau du prélèvement (personnel médical qualifié), du transport (réfrigéré ou congelé), du stockage (à -18 ou -60 °C) et du risque biologique (V.I.H., hépatites…).

Dans le cadre de la campagne, afin de pallier à ces contraintes, l’analyse sera effectuée sur du sang séché. L’utilisation de sang séché nécessite l’emploi d’un dispositif dénommé Dried Blood Spot (DBS). Avec ce dispositif, le sujet peut réaliser un prélèvement sanguin lui-même : il suffit de se piquer le doigt avec une lancette stérile et de déposer 3 gouttes de sang sur le support. Le transport peut être effectué par voie postale. De plus, le risque biologique (V.I.H., hépatites…) est limité avec du sang séché. Dans le cadre du projet, l’IRES fournira à chaque participant un kit de prélèvement sanguin contenant un support DBS pour réaliser lui-même son prélèvement sanguin. Une vidéo de présentation du prélèvement sanguin est disponible à l’adresse suivante https://www.youtube.com/watch?v=rm8_jfOwlus.

L’analyse capillaire permet d’évaluer une exposition sur une longue période aux polluants. En effet, les polluants absorbés se retrouvent dans le sang qui va irriguer les cheveux au niveau de la racine. Les vaisseaux sanguins au niveau du cuir chevelu apportent les nutriments nécessaires à la synthèse des cheveux, ainsi que les résidus des polluants qui s’incorporent dans la structure des cheveux au moment de la synthèse. En conséquence, les polluants et leurs métabolites présents dans le sang se fixent dans la structure interne des cheveux. Ces derniers poussent en moyenne de 1 cm par mois. Ainsi, un segment de 1 cm permet d’évaluer une exposition à des substances chimiques sur une période de 1 mois environ. Les polluants incorporés dans les cheveux bénéficient d’une très bonne stabilité dans le temps. Les cheveux constituent donc également une matrice intéressante pour l’évaluation de l’exposition humaine aux polluants de l’environnement.

Les analyses sanguine et capillaire sont complémentaires. Le sang permet d’évaluer une exposition récente (de quelques heures à quelques jours), les cheveux une exposition ancienne (moyenne sur 3 mois). La combinaison des deux permettra de mettre en avant une exposition aigüe (absorption d’une forte dose de polluants) et une exposition chronique (absorption de faible dose régulièrement).

Liste des composés analysés