Le lindane : un pesticide toujours présent

Commercialisé en 1938, largement utilisé pour de nombreuses applications, et interdit en France depuis 1998, le lindane est toujours présent aujourd’hui, en particulier dans certains logements. Où le retrouve-t-on et quels sont les risques ?

Le lindane

Classé comme polluant organique persistant (POP), le lindane, ou gamma-hexachlorocyclohexane (gamma-HCH), a été utilisé en agriculture comme insecticide et dans certains produits pharmaceutiques.

Molecule de lindane
Représentation 3D de la molécule de Lindane

Une exposition aigue au lindane entraine le plus souvent des brûlures, des démangeaisons, des sécheresses de la peau, ou encore des éruptions cutanées. Mais cette molécule aux propriétés neurotoxiques peut être liée à d’autres symptômes plus graves comme des crises de convulsions ou des crises d’épilepsie (essentiellement lorsqu’il est mal ingéré sous forme de médicament). De façon plus générale, une exposition à de fortes doses peut avoir des répercussions sur le système nerveux, le foie et les reins.

Il est classé toxique, CMR (cancérigène, mutagène et reprotoxique), et dangereux pour l’environnement.

Malgré le fait que de nombreux pays aient interdit l’utilisation de lindane dans le domaine agricole, on le retrouve encore parfois comme principe actif dans des médicaments, et notamment dans des traitements contre la gale ou les poux pubiens.

Le lindane présentait de nombreux avantages et était notamment utilisé pour :

  • Le traitement des sols
  • Le traitement des semences
  • Le traitement des arbres
  • La protection des bois (comme les charpentes)
  • Les traitements antiparasitaires du bétail et des animaux de compagnie
  • Pour un usage domestique

Un pesticide toujours présent

Plus de vingt ans après son interdiction en France, comment peut-on encore retrouver du lindane dans des analyses domestiques (cheveux, poussière, eau…) ?

Le lindane ne se dégrade pas rapidement dans la nature. Lorsqu’il était utilisé sur une culture, comme bon nombre d’autres pesticides, il était entrainé par infiltration ou ruissellement dans la terre jusqu’aux nappes phréatiques (ou les ruisseaux / fleuves). Le lindane contaminait alors les réserves d’eau naturelles, et pouvait se retrouver dans les eaux de consommation.

En plus d’une ingestion directe de ces eaux potentiellement contaminées, tous les aliments arrosés avec cette même eau sont de nouvelles sources de contamination et participent aux doses journalières auxquels peuvent être exposées les populations.

Mais la contamination de l’eau n’est plus une source principale d’exposition au lindane. Aujourd’hui, le principal problème provient des charpentes utilisées dans les logements, généralement ceux construits avec du bois traité avant 1998. Mais des dérogations européennes permettaient l’usage de lindane pour le traitement curatif et industriel des bois de charpente et de construction jusqu’en septembre 2006.

Charpente en bois

Le bois est traité pour éviter sa détérioration. Parmi tous les composés utilisés pouvait se retrouver le lindane, qui servait en particulier à prévenir des attaques d’insectes grâce à ses propriétés insecticides. Il a été largement utilisé au même titre que le pentachlorophénol, le DDT, le chlorothalonil ou encore le chlordane.

Même de nombreuses années après le traitement, le bois diffuse de façon variable ces composés (cela dépend de nombreux facteurs, comme par exemple la température). Ces composés souvent semi-volatils se retrouvent dans l’air des logements et peuvent être inhalés. Ils finissent par se déposer sur le sol et s’amassent dans la poussière. L’inhalation de ces poussières contaminées est également dangereuse.

Les situations d’exposition

L’émission de lindane par le bois utilisé dans la structure des habitations dépend de la nature du bois, du traitement effectué et de la date du traitement.

Le bois aura tendance à émettre davantage juste après son traitement, surtout en cas de fortes doses de produits utilisés.

Travaux dans la maison
Le Lindane peut à nouveau se diffuser suite à des travaux

Mais le bois peut soudainement émettre à nouveau à fortes doses en cas d’évènements pouvant impacter sa structure. Par exemple, lors de travaux (rénovation ou autre) il est possible que le bois subisse quelques dégâts superficiels qui entraineront une détérioration de sa structure et une nouvelle libération des composés utilisés dans son traitement, comme le lindane.

Que faire en cas de contamination au lindane ?

Lorsque vous remarquez l’apparition de symptômes potentiellement liés à la présence de lindane, en particulier si vous possédez des éléments en bois dans la structure de votre habitation, procédez à une analyse de poussière pour confirmer cette hypothèse. De nombreux autres composés peuvent expliquer des symptômes similaires.

Kudzu Science propose des analyse de pesticides dans la poussière sur son site web

Kit d analyse de poussiere

Si cela se confirme, la meilleure solution est probablement de faire appel à une entreprise spécialisée dans les travaux de décontamination. En effet, avec des cas souvent très spécifiques, il est préférable de confier cette tâche à des professionnels qualifiés. Quelques semaines après les travaux, vous pourrez à nouveau analyser votre poussière afin de confirmer l’efficacité de la décontamination.