La pollution du plastique

Un bracelet en silicone pour mesurer son exposition aux plastifiants et autres polluants

Présence dans l’environnement

Une nouvelle étude a révélé que l’exposition aux phtalates pourrait être associée à une mortalité accrue. L’ensemble de la population est exposé à ces polluants. Essentiellement utilisés dans le PVC, les phtalates sont des substances très utilisées dans notre quotidien. En effet, les phtalates sont des additifs chimiques que l’on retrouve dans la quasi-totalité de nos produits plastiques. Plastique, alimentation, cosmétique, ou encore dans l’air que nous respirons notamment l’air intérieur des bâtiments.

On peut retrouver certains phtalates comme le phtalate de dibutyle (DBP), le phtalate de diéthyle (DEP) dans certaines spécialités pharmaceutiques. Ils sont utilisés comme excipients dans les médicaments.  Il existe plusieurs dizaines de phtalates, dont les plus utilisés sont le DEHP (Di-Ethyl-Hexyl-Phtalate), le DiNP (Di-iso-Nonyl-Phtalate), le DiDP (Di-iso-Decyl-Phtalate).

Ces trois phtalates représentent à eux seuls plus de 80 % de la pollution organique mesurée dans les poussières domestiques et dans les cheveux. Les phtalates ne sont irritants ni pour la peau, ni pour les yeux, ni pour les voies respiratoires et ne sont pas allergisants.

Alors pourquoi faut-il règlementer et restreindre leur utilisation ?

Présentation des phtalates

DEHP : Ce phtalate est produit et importé au sein de l’UE en grande quantité (entre 10 000 et 100 000 tonnes par an). Il est employé notamment dans les matériaux de construction, les vêtements et les meubles, les parfums, les contenants alimentaires, les dispositifs médicaux (poches de sang, cathéters, etc.) pour apporter flexibilité et élasticité. Au niveau de l’ECHA, il est classé comme substance hautement préoccupante (SVHC) et considéré comme toxique pour la reproduction et perturbateur endocrinien. Il affecte la fertilité et peut nuire à l’enfant à naître (embryon et fœtus).

DiNP : Le DINP est un phtalate à longue chaîne carbonée produit et importé en grande quantité au sein de l’UE (entre 100 000 et 1 000 000 tonnes par an). Il est principalement utilisé dans les plastiques afin d’en augmenter la flexibilité. On en retrouve particulièrement dans les produits de tous les jours, comme dans les revêtements de sol aux semelles de chaussures, les rubans élastiques, les encres, les adhésifs, les peintures et les laques. Bien qu’au niveau de l’ECHA, il n’y ait pas d’effets rapportés sur la santé, des effets perturbateurs endocriniens ont été constatés chez les rongeurs.

DiDP Le DIDP est un phtalate à longue chaîne carbonée pour lequel l’ECHA ne dispose pas d’informations précises sur les quantités utilisées au sein de l’UE (environ 1 à 10 tonnes par an). Il est cependant interdit dans tous les jouets et les articles de puériculture que les enfants peuvent mettre en bouche. Principalement utilisé dans les plastiques afin d’en augmenter la flexibilité, ses applications sont très similaires à celles du DiNP. Il est utilisé dans les produits de tous les jours, des revêtements de sol aux semelles de chaussures, les PVC. Il peut également se retrouver dans le caoutchouc, les peintures anticorrosives, les peintures antiparasites, les composés imperméabilisants et les encres textiles. Pictogramme de risque. Il n’y a pas d’effets rapportés sur la santé au niveau de l’ECHA, cependant il est précisé qu’il répond aux critères de toxicité des substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques (CMR). Des effets perturbateurs endocriniens ont été constatés chez les rongeurs.

Les conséquences du phtalate sur notre santé :

Les phtalates sont des polluants dangereux cachés dans les produits du quotidien, ils sont présents dans l’organisme de tous. Les perturbateurs endocriniens entraînent une perturbation du fonctionnement hormonal dans un organisme sain, en modifiant la production, l’action, le transport ou la régulation des hormones. Les perturbateurs endocriniens peuvent donc provoquer un dysfonctionnement dans le corps. Cela peut entraîner chez l’Homme des problèmes de santé conséquents comme des cancers, des troubles du développement, des dérèglements hormonaux, des grossesses à risque ou encore des troubles de la fertilité comme il a pu être observé dans les pays industrialisés.

De nombreuses études scientifiques ont été réalisées et ont démontré que les phtalates dans les plastiques pourraient causer près de 100 000 décès prématurés par an. Quatre de ces phtalates ont été reconnus par l’ONG Health and Environnent Alliance (HEAL) et par l’ECHA (European Chemical Agency), comme perturbateurs endocriniens avérés pour l’Homme : le DEHP, le DIBP, le DBP, le BBP. Le DEHP reste l’une des substances les plus utilisées comme plastifiants, dans un grand nombre de produits comme les sols en PVC. De nombreuses associations et organismes luttent ainsi pour son interdiction sur le marché. 

Qui sont les plus touchés par cette exposition ?

Santé Publique France déclare que les enfants seraient les plus touchés par cette exposition aux phtalates, cela serait dû aux phtalates présents dans les produits du quotidien. Le phtalate DEHP, par exemple, est utilisé dans les jouets depuis 40 ans.

Les jouets en plastique, que les enfants mettent dans la bouche seraient l’une des premières sources d’imprégnation/contamination. Les produits d’hygiène et de cosmétiques, eux aussi, représenteraient une source d’exposition au phtalate. La mise en évidence de ces effets perturbateurs endocriniens a conduit à la mise en place de restrictions réglementaires. Suite à une décision de l’Union européenne, l’utilisation de composants de phtalates pour la fabrication de jouets et articles de puériculture destinés aux enfants de moins de trois ans est donc interdite depuis 2011. Toutefois, une étude menée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) en 2018, estimait à 20 % la part des jouets en plastique contenant encore des phtalates.

Chez les adultes, l’exposition aux phtalates se fait essentiellement dans les logements. Le contact direct avec l’air, l’eau ou encore, l’ingurgitation d’aliments dont l’emballage contient des phtalates demeurent une source importante d’exposition et de contamination.

Mesures préventives pour la population

Bien que les phtalates soient omniprésents dans notre quotidien, il est raisonnable de limiter l’exposition lorsque cela est possible. Étant donné les risques sanitaires qu’ils représentent, Kuzdu Science a ainsi développé un tout nouveau procédé permettant de mesurer en toute simplicité son exposition personnelle à ces substances toxiques : des bracelets en silicone. Grâce aux bracelets en silicone, vous allez pouvoir mesurer votre exposition aux plastifiants, pesticides, et autres polluants sur une période d’une semaine. Analyser votre exposition vous permettra de connaître votre exposition à ces additifs chimiques.